Historique
Bien que la présence humaine dans la région remonte au paléolithique (-700 000 ans), ce n'est qu'au néolithique, au
VIème millénaire avant notre ère, qu'un village de pasteurs s'implante à cet endroit au bord de l'Eure. Le Menhir de la Basse-Crémonville (à 1,5 km
sur la route de Saint-Pierre-de-Vauvray), les armes de l'âge du bronze et le casque celte que l'on peut admirer au musée témoignent d'une continuité de l'habitat,
qui se prolonge à l'époque gallo-romaine et mérovingienne.
Au Moyen Age, Louviers fut un enjeu entre Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion, au moment de la signature de la trêve dite "de Louviers" (1196), et l'année suivante à
propos du site de Château-Gaillard. La ville, qui comptait déjà plus de mille maîtres drapiers au XIIIème siècle, avait acquis une certaine importance
économique. La période la plus tragique de son histoire fut la guerre de Cent Ans, avec des invasions en 1346 et 1360 (à la suite desquelles le traité de
Brétigny fut signé dans l'église par le prince de Galles), puis en 1429 et 1441 malgré la construction de remparts. Le plan de Louviers médiéval
apparaît de nos jours dans les boulevards qui ceinturent le centre-ville en remplacements des fortifications.
Dès la fin du XVIIIème siècle, les premiers effets de la Révolution industrielle se firent sentir et on décida d'abattre les remparts pour gagner de
l'espace. Certains édifices du Moyen Age, et les halles, disparurent au cours du XIXème siècle alors que se multipliaient les établissements industriels, notamment
en bord de rivière. Mais c'est surtout lors de la reconstruction qui suivit la Seconde Guerre mondiale que Louviers prit son aspect actuel.
Un peu d'étymologie
Si les historiographes romantiques faisaient dériver le nom de Louviers de poétiques expressions latines telles que "lieu de
printemps" ou "habitat des loups", il semble plutôt issu de "lieu ancien" nom d'un site royal mérovingien. En 1441, après la guerre de Cent Ans, Charles VII, octroya
à la ville une exemption de la plupart des impôts royaux, en reconnaissance de sa résistance, d'où le nom de Louviers-le-Franc.
Une petite promenade au coeur de Louviers
Eglise Notre-Dame
Le choeur et le transept appartiennent au gothique de la seconde moitié du XIIème siècle. Ils contrastent avec la nef, dont la vaisseau central élancé
à trois étages, les premiers bas-cotés et le portail central de la façade occidentale furent reconstruits au cours du XIIIème siècle. L'imposante
tour, destinée à servir de beffroi et d'élément défensif, fut entreprise en 1414 et laissée inachevée. L'essor démographique et
économique de la ville au lendemain de la guerre de Cent Ans s'est traduit par les grands travaux qui ont fini de donner à l'église son aspect actuel et lui ont valu le
qualificatif de "Cathédrale". La nef fut élargie à cinq vaisseaux, d'abord au nord (vers 1490) puis au sud où le second bas-coté fut construit dans le
premier quart du XVIème siècle grâce aux libéralités des familles nobles et des corporations de la cité. Celui-ci s'orne, à l'extérieur,
d'une exubérante décoration sculptée flamboyante inspirée de l'architecture rouennaise de la même époque. La façade s'articule autour du
célèbre porche entrepris en 1506 et dont le portail fut doté en 1528 de vantaux de bois sculpté. L'église abrite une série de vitraux
réalisés par Arnoult de Nimègue au XVIème siècle, le buffet d'orgue de l'abbaye de Bonport et une mise au tombeau du XVIème siècle.
La place de l'église
L'hôtel du Mouton-d'Argent, qui se trouvait à l'ouest du parvis, était le lieu de séjour préféré des artistes et écrivains de passage au
XIXème siècle. Victor Hugo en a fait la description dans ses carnets, alors qu'il voyageait avec Juliette Drouet. Les acquarellistes anglais voyageant sur le continent
après la Restauration ne manquèrent pas de dessiner l'église tels que Cotman, Cox, de Wint ou Turner, lesquels ont laissé des vues de la ville vers 1820-1830.
Rue des Grands-Carreaux
Elle possède quelques maisons anciennes, dont celle dite "du Parlement", du XVIème siècle, bien que cela soit dans une maison voisine que les parlementaires de Rouen
vinrent en 1576 pour légiférer contre les protestants.
Rue Ternaux
Dans cette rue ponctuée de maisons anciennes, l'industriel Ternaux installa en 1803 la première manufacture hydraulique, établissement très moderne que
Napoléon vint visiter. Quand apparut la mode romantique du châle de cachemire imprimé, Ternaux confia la réalisation de huit modèles au peintre officiel de
l'Empire, Jean-Baptiste Isabey.
Rue de la Poste
Le couvent Saint-François-des-Pénitents, édifié en 1646 pour recevoir les frères hospitaliers de l'ordre de Saint-François venant du couvent de
Sainte-Barbe, comprend un cloître sur l'eau, disposition unique en Europe.
Rue Pierre-Mendès-France
L'ancien couvent Saint-Louis fut édifié de 1625 à 1640 dans un périmètre allant de l'actuelle rue Pierre-Mendès-France à la place de la
République. Peu après sa construction, il fut le siège d'un drame effroyable : la célèbre affaire des "Possédés de Louviers". Des religieuses
prises de convulsions accusèrent de sorcellerie l'ancien curé, Mathurin Picard. Ce dernier eut l'heureuse idée de mourir avant sa condamnation. Le jour de
l'exécution, le 21 août 1647, son corps dut être déterré pour être mené au bûcher.
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